Orual, la vieille reine de Glome, écrit un livre contre les dieux. Racontant l'histoire de sa sœur Psyché, à qui elle a servi de mère, et que le dieu de la Montagne grise lui a prise, elle accuse les dieux d'être cruels, de se moquer des hommes, de leur prendre ce qu'ils ont de plus cher et de les pousser à détruire eux-même leur bonheur. Ni la philosophie des Grecs ni la religion païenne ne peuvent la satisfaire. Mais ce récit, dit-elle, est inutile car il n'y a pas de juge entre les hommes et les dieux, et ceux-ci ne répondent jamais aux accusations.
Ce roman, sous-titré « un mythe réinventé », est à la base une réécriture assez libre du mythe de Psyché, épouse d'Éros, mis en scène de façon très convaincante dans un royaume oriental barbare. La narration à la première personne, réquisitoire contre les puissances qui mènent le destin des hommes, donne un point de vue fascinant sur l'excellent et complexe personnage d'Orual. Toutefois cette écrasante accusation contre les dieux n'est pas le dernier mot de l'histoire, et le titre du roman ne prend son sens que lorsqu'Orual tente de formuler clairement ses griefs. La réponse, non orale, qu'elle reçoit enfin constitue un des meilleurs écrits de Lewis sur la nécessité de la conversion. Le roman dans son ensemble, qui peut servir d'illustration aux réflexions du Problème de la souffrance, est certainement le meilleur de Lewis, qui transforme le mythe en ce qui est, d'après lui, sa vraie vocation : une préfiguration de la Bonne Nouvelle chrétienne du salut.
| Éditions françaises |
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Un Visage pour l'éternité, un mythe réinventé,
trad. Marguerite Faguer.
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