« La Tour sombre ». Roman inachevé écrit sans doute vers 1938-40.
Une expérience inédite est réalisée à Cambridge : un appareil (« chronoscope ») projette sur un écran des images venues d'autres temps. Pendant des jours, les scientifiques observent sur cet écran une mystérieuse Tour noire et ses alentours, étrangement familiers, peuplés d'habitants qui semblent esclaves d'un État dirigé par des surhommes portant un aiguillon sur le front. Mais ils réalisent bientôt que la communication avec ce qu'ils voient ne se fait pas dans un sens seulement...
Ce texte, trouvé par Hooper après la mort de Lewis sur un carnet, s'arrête brutalement en pleine action, et laisse ouvertes toutes les spéculations sur la fin. L'intérêt est limité aux admirateurs inconditionnels de Lewis, car le style et l'histoire sont nettement plus faibles que ceux des romans qu'il a achevés ; l'hypothèse la plus probable est que l'auteur a voulu en faire une suite à Au-delà de la Planète silencieuse (le professeur Ransom, personnage central de toute la trilogie cosmique, apparaît comme personnage secondaire), mais l'a rapidement abandonnée, voyant que cela ne donnait rien de convaincant, pour commencer l'excellent Perelandra. Ceci dit, malgré les nombreux défauts du fragment dont nous disposons, l'histoire devient vite intrigante, et il est vexant de ne pas savoir comment elle se termine.
« L'Aveugle de naissance ». Nouvelle inédite écrite à la fin des années 1920.
Un aveugle de naissance, après une opération, peut enfin voir. Mais alors qu'il découvre les images dont on lui a tant parlé toute sa vie, il ne parvient pas à comprendre, dans ce qu'il voit, ce qu'est la lumière...
Une nouvelle assez noire, caractéristique de la période d'avant la conversion de Lewis. Un peu pénible à lire du fait d'un manque de sympathie des personnages, elle illustre néanmoins de façon intéressante la différence entre la fin et le moyen, ainsi que les difficultés de communication des choses trop évidentes.
« Les Terres fades ». Nouvelle publiée dans Magazine of Fantasy and Science Fiction, février 1956.
Lewis, recevant chez lui un élève et sa fiancée, se retrouve, au milieu de la conversation, transporté dans un monde brumeux où tout ce qui n'est pas flou semble factice.
Une nouvelle sans grande ambition mais avec un effet de découverte assez réussi. La critique de la jeunesse occidentale est assez facile, mais on ne peut pas dire qu'elle soit injustifiée.
« Les Anges gardiens ». Nouvelle publiée dans Magazine of Fantasy and Science Fiction, janvier 1958.
Les astronautes de la première station humaine sur Mars reçoivent la visite des femmes qui doivent leur permettre de supporter la solitude. Mais la chose n'est pas aussi paradisiaque que l'on pourrait l'imaginer...
Cette nouvelle a été écrite en manière de plaisanterie pour répondre à un article de Robert S. Richardson, The day after we land on Mars (1955), qui préconisait de tels envois dans les futures colonies spatiales — idée que Lewis a poussée à ses conséquences logiques, en faisant une histoire grinçante d'un intérêt limité mais qui ne manque pas d'humour.
« Des Choses d'un genre inconnu ». Nouvelle inédite.
Trois astronautes ont déjà été envoyés successivement sur la Lune. Tous trois ont aluni sans problème, envoyé un message... et complètement disparu. Un quatrième astronaute est envoyé, comptant bien découvrir ce qui est arrivé à ses camarades.
Une nouvelle angoissante, avec une chute bien tournée et inattendue, même si les puristes de la science-fiction stricte n'en seront sans doute pas satisfaits...
« Dix Ans après ». Roman inachevé écrit vers 1959-60.
Impossible de raconter l'intrigue sans gâcher le plaisir de la lecture du premier des cinq chapitres que Lewis a écrits pour ce roman qu'il n'a pas eu le cœur de terminer après la mort de sa femme. Qu'il suffise de dire qu'il s'agit d'un amour brisé qui tente de se reconstruire par-delà les rancœurs et les années de séparation. Les quatre premiers chapitres se suivent et donnent le contexte sans tellement entrer dans le développement même ; un cinquième chapitre, qui aurait dû être positionné bien plus loin dans le roman, donne une idée de la façon dont l'histoire devait se continuer. L'idée était excellente, et ce roman aurait pu avoir l'ampleur de Un Visage pour l'éternité, auquel il ressemble par bien des points. Le lecteur doit néanmoins se contenter de regrets.
| Éditions françaises |
|---|
| Non traduit en français. |