Le professeur Ransom, cinquantenaire sans famille, fait une mauvaise rencontre au cours d'une randonnée dans la campagne et est enlevé dans le vaisseau spatial d'un savant mégalomane vers Malacandra, une curieuse planète où il fait la connaissance des sympathiques hrossa entre autres créatures, avant de comparaître devant l'indéfinissable Oyarsa qui lui apprend l'histoire de la rébellion de Thulcandra, la planète silencieuse.
Ce premier roman de Lewis est dans le meilleur style de la science-fiction à la H. G. Wells : un voyageur égaré dans un environnement complètement étranger raconte ses aventures. C'est très bien écrit, ce qui est assez rare pour le genre, et cela a un côté vieillot plutôt plaisant, avec des descriptions de paysages extraterrestres relevant d'une imagination très riche et originale. Lewis avoue dans son prologue avoir sciemment quoique révérencieusement subverti Wells, dont les thèmes habituels sont renversés : l'espace n'est pas vide mais infiniment plus riche que la terre ; les extraterrestres ne sont pas de terribles créatures destructrices mais sont amicaux et sans histoire, alors que c'est l'homme qui sème la mort autour de lui. Le roman met en place une cosmogonie originale, où les puissances célestes de la mythologie classique sont intégrées de façon très convaincante dans une vision discrètement chrétienne de l'univers ; en filigrane on distingue un formidable tableau de la chute et de la rédemption de l'humanité.
| Éditions françaises |
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Le Silence de la terre, trad. Marguerite Faguer.
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Le professeur Ransom apparaît également dans Perelandra (1943) et Cette hideuse Puissance (That Hideous Strength, 1945), ces trois romans formant ce que l'on appelle parfois « La Trilogie cosmique », même si leur unité est assez ténue. Ransom figure aussi dans le roman inachevé The Dark Tower.