La dernière Bataille

The Last Battle

Roman de C. S. Lewis (1956)

Histoire

Tout va mal à Narnia sous le règne du jeune roi Tirian, longtemps après le temps de Caspian : un singe se fait passer pour un homme et déguise un âne en Aslan ; une infiltration Calorménienne par l'Ouest et la désertion généralisée achèvent de plonger le pays dans l'anarchie. Tirian demande de l'aide aux enfants qui visitèrent Narnia dans le passé, mais même l'arrivée d'Eustace et Jill ne semble pas pouvoir résoudre le problème, et Aslan persiste à ne pas se manifester.

Commentaire

Ce dernier roman narnian est aussi le plus difficile et le plus directement religieux. Reprenant la chronologie interrompue après le Fauteuil d'argent, il se place, en symétrique du Neveu du magicien, dans le contexte de la fin du monde, où tous les signes et les repères habituels ont disparu, laissant les héros dans le plus grand désarroi. Leurs aventures sont toujours aussi passionnantes à suivre, mais ils sont cette fois confrontés à bien plus fort qu'eux, et aucune aide n'arrive : tout semble donc voué à l'échec, et l'est effectivement, ce qui peut rendre l'histoire pénible à lire pour qui est habitué à ce que les gentils gagnent à la fin.

Mais cette fin est très particulière : derrière la défaite apparente des héros arrive de façon inattendue la défaite totale et la destruction des ennemis de Narnia en même temps que de Narnia elle-même. Aslan, le grand absent dans la majeure partie du roman, manifeste finalement son immense présence. On ne peut pas dire que cette histoire se termine bien — ni mal —, car la fin dramatique de l'histoire de Narnia ne fait qu'ouvrir sur quelque chose de totalement différent et en même temps d'extraordinairement semblable. Loin d'en rester à un happy end provisoire, qui durera jusqu'à la prochaine catastrophe, Lewis présente ici l'aboutissement et le commencement de toutes les bonnes histoires, la récapitulation des sept romans et le début de quelque chose d'immense qu'il ne fait qu'effleurer.

Malgré cette complexité apparente, la narration de Lewis est toujours limpide et facile à suivre, et ce roman est un chef-d'œuvre qui, d'ailleurs, reçut un prix de littérature pour enfants, la prestigieuse médaille Carnegie. Concluant brillamment la série des chroniques de Narnia, il peut être une bonne introduction au reste de son œuvre, comme Perelandra ou le Problème de la souffrance.


Éditions françaises
La dernière bataille, trad. Philippe Morgaut.
  • Gallimard jeunesse, « Folio junior » no. 1212, 2002, 224p.

Ce roman est le septième et dernier de la série des chroniques de Narnia.

Sébastien Ray, 23/03/2005. Dernière modification : 9 juin 2005.